ALLIANCE MONDIALE DES RÉCUPÉRATEURS
ALLIANCE MONDIALE DES
RÉCUPÉRATEURS
L'Alliance Mondiale des Récupérateurs de déchets est un réseau d'organisations de récupérateurs soutenu par WIEGO, dans plus de 28 pays, plus spécialement en Amérqiue Latine, en Asie et en Afrique.
Supported by Logo WIEGO

par

octobre 04, 2012


Check translation:

Felipe Rosario est un fiers récupérateur, et ce depuis 2008, quand il a suivi les traces de ses deux frères dans la profession. Il avait alors 18 ans. Il est originaire de Cuesta Blanca, en République dominicaine, et travaille à l’Asociación de Recicladores del Parque Eco-Rafey, une association des récupérateurs établie sur le plus grand site d’enfouissement situé dans la partie nord du pays.

« C’était pénible pour moi de voir des déchets partout, de les voir polluer les rivières. Pour résoudre ce problème, j’ai senti le besoin de devenir récupérateur », dit Felipe.

Etant un site d’enfouissement sanitaire, il est recouvert en quelques heures, tous les jours, après le déversement de déchets, et les récupérateurs ont peu de temps seulement pour récupérer les matériaux recyclables avant qu’ils ne soient enterrés.

L’Association des récupérateurs, la première en République dominicaine, a été fondée en 2009 et  parmi ses objectifs figurent l’éducation des récupérateurs et la formation technique nécessaire pour améliorer leurs conditions de travail. D’autres objectifs consistent à augmenter la productivité de récupérateurs et à étoffer leurs compétences entrepreneuriales.

En avril 2009, dit Felipe, les récupérateurs se sont heurtés à un problème lorsque les ingénieurs responsables du site ont décidé d’imposer leurs règles, notamment le nombre de personnes qui pourraient y travailler. Quand les récupérateurs ont commencé à protester, Felipe dit, les responsables de la décharge ont réagi de manière injuste. « Le scandale était si grand » qu’elle a attiré l’attention de Lacre-Rouge et des organisations des droits de la personne qui sont venues à la rescousse. Les récupérateurs ont continué à développer des relations avec plusieurs organisations.

Red Lacre at People's Summit

Red Lacre à la tente du MNCR au Sommet des peuples, juin 2012

Depuis lors, plus de 300 récupérateurs membres de l’association ont suivi des cours de formation, surtout en gestion des conflits, administration et gestion des déchets solides, grâce au soutien de nombreuses organisations et agences, notamment la  Fundación Solidaridad, la Xunta de Galicia-España et le Ministère du commerce. Les membres travaillent à la décharge le jour et participent aux séances de formation le soir.

Pour un jeune de 21 ans, Felipe endosse un nombre surprenant de responsabilités. En 2009, à peine un an après qu’il est devenu membre de l’association, les membres l’ont élu président. Selon Felipe, 523 récupérateurs, dont la majorité sont des hommes, travaillent sur la décharge et sont tous membres de l’association. « J’ai décidé de me constituer candidat mais ne m’attendais pas à être élu », a-t-il déclaré.

En mars de cette année, un projet pilote —  une usine de recyclage — a été lancé et,  bien qu’elle ne soit pas encore opérationnelle, Felipe dit que, dans un premier temps, 14 membres de l’association y travailleront et  que ce nombre passera à 150.  L’usine, dont idée force du projet est d’améliorer les conditions de travail des récupérateurs,  sera la première usine de recyclage à être gérée par les récupérateurs travaillant en coordination avec la municipalité.

Red Lacre visit to Eco-Parque Rafey

Visite des membres de Red Lacre de la décharge Eco-Parque Rafey en juillet 2012

Felipe consacre son temps à l’Association pendant la journée et travaille à la décharge le soir. Il suit également des cours préparatoires en sciences politiques et entend commencer dans ce domaine, dès l’année prochaine, des études universitaires mener à un diplôme.   Son objectif, à terme, est devenir président de son pays.

« La République dominicaine a besoin d’un leader qui s’intéresse aux questions sociales   et je pense que je peux être lun d’entre eux », dit Felipe, ajoutant qu’il veut aussi voir son pays libre de la contamination environnementale.

Felipe en est loin dans sa détermination. Plus tôt cette année, lors de la Conférence des récupérateurs d’Amérique Latine et Centrale, il s’est vu élu représentant du Secrétariat des communications de Red Lacre, de même que Seferina Tolentino Dilone, récupérateur et vice-président de l’Association.

« C’est très gratifiant de travailler au  Secrétariat de communications, surtout la partie qui me permet d’apprendre d’autres récupérateurs », estime Felipe. Certaines responsabilités consistent, dit-il, à leur transmetre des informations pertinentes et importantes et à réviser leurs propositions avant d’être soumis au comité directeur pour approbation.

En juin de cette année, il a participé à des événements organisés en marge de la Conférence Rio +20, la Conférence des Nations Unies sur le développement durable ainsi que le Sommet des peuples, l’espace alternatif qui a rassemblé des milliers de mouvements sociaux et des membres de la société civile.

« C’était une expérience très intéressante et instructive », se réjouit Felipe ajoutant que  « les récupérateurs sont une solution à de nombreux problèmes environnementaux et économiques. Nous pouvons avoir un impact économique considérable en créant une société libre de déchets et de contamination et créant de nombreuses opportunités. »

Lors d’un groupe de discussion composé de représentants de Red Lacre, qui s’est tenu dans l’espace du mouvement brésilien au Sommet des peuples, Felipe a parlé de son travail actuel au sein du réseau latino-américain. « Red Lacre, avec le soutien des alliés, aide à créer des mouvements nationaux de récupérateurs », ajoutant qu’il est « en ce moment, il travaille à la création d’un réseau national en République dominicaine. »

Red Lacre at the People's Summit.

Red Lacre participant à une table ronde lors du Sommet des peuples

« Red Lacre a lancé un appel à projets pour soutenir ces mouvements nationaux. L’objectif, dit-il, est que chacune de ces organisations de récupérateurs en vient à  renforcer ses mouvements, à unir ses efforts, à continuer à se battre et à se tenir organisée. Red Lacre est un allié dont nous avons tous besoin pour continuer à avancer. »

« Partager cette expérience avec les récupérateurs du Brésil et d’autres parties du monde était, pour moi, inoubliable. J’ai appris que ce n’est pas facile, mais que mon pays peut s’améliorer. J’en suis parti avec un désir insatiable, celui de faire traduire les acquis dans les faits au profit de mes co-récupérateurs. »