ALLIANCE MONDIALE DES RÉCUPÉRATEURS
ALLIANCE MONDIALE DES
RÉCUPÉRATEURS
L'Alliance Mondiale des Récupérateurs de déchets est un réseau d'organisations de récupérateurs soutenu par WIEGO, dans plus de 28 pays, plus spécialement en Amérqiue Latine, en Asie et en Afrique.
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décembre 19, 2012


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« Ces récupérateurs de Kinshasa sont très ingénieux. La pauvreté extrême les a amenés à faire preuve d’imagination », observe Kapita Tuwizana, représentant de WIEGO (Femmes dans l’Emploi Informel : Globlisation et Organisation). En effet, comme les autres récupérateurs, ils font la collecte des déchets tels que le plastique, le carton, le métal, mais s’en servent pour fabriquer de nouveaux articles commercialisables.

Par exemple, avec une technologie qui permet la fonte du plastique à haute température et le façonnage, ils font du bon carrelage pour maisons. Ils collectent également des rallonges de cheveux mis au rebut et fabriquent des sacs à main magnifiques.

Certains récupèrent de vieilles pièces d’automobile en métal et les font fondre pour en tirer de nouvelles pièces façonnées à point et les vendre aux garagistes.  Ils transforment aussi des déchets métalliques en chariots que les gens utilisent pour transporter leurs marchandises dans la ville.

A la suite d’une lutte et d’une négociation avec la municipalité, les récupérateurs, hommes et femmes, ont réussi à obtenir dans un grand marché au centre de Kinshasa de l’espace pour vendre leurs marchandises.  Toutefois, même s’ils sont forts dans leur métier, ils sont encore faibles sur le plan organisationnel.

Avec le concours de la Ligue des droits de la femme au Congo (LDFC), une ONG de femmes de Kinshasa, Tuwizana a réussi à identifier douze associations de récupérateurs qui, bien que locales, n’étaient pas au fait des unes des autres. Elles se sont rencontrées pour la première fois dans le cadre d’un atelier de quatre jours consacré auxo objectifs stratégiques et au réseautage efficace. Cette rencontre à permis aux récupérateurs de prendre conscience du fait qu’ils avaient plus de pouvoir que ce qu’ils pensaient.

Il était clair lors de l’atelier qu’ils avaient tellement envie de renforcer leur capacité organisationnelle et de négocier avec les municipalités. De fait, ils avaient de nombreuses questions à négocier avec le gouvernement tient à peine compte de leur travail pourtant important. Pour commencer, les municipalités accordent à des sociétés privées des contrats pour la collecte des déchets dans les banlieues huppées et les zones commerciales et industrielles de Kinshasa tandis que les récupérateurs en font dans les implantations sauvages ou, pire, dans les rues, vu qu’il n’y a pas décharge à Kinshasa. Les récupérateurs veulent aborder ces problèmes avec les municipalités et bénéficier  également de contrats de gestion des déchets. Or, pour s’adresser aux pouvoirs publics, ils ont besoin d’une voix forte et c’est justement ce dont ils entendent se doter.

C’est dire que les récupérateurs participant à l’atelier se sont réjouis d’y rencontrer bien d’autres associations et d’apprendre qu’ils ont réellement la possibilité de négocier avec le gouvernement.

Certaines associations ont une structure de direction et tiennent des assemblées générales; d’autres sont moins organisées. Mais elles étaient toutes impatientes de discuter de l’élaboration de constitutions en bonne et due forme.

Autre objectif qui a fait jour au cours de l’atelier consistait à mobiliser d’autres associations et récupérateurs éparpillés à Kinshasa, une ville de plus de dix millions d’habitants et où il reste encore beacoup de récupérateurs à recruter. Une fois rassemblés, ils élaboreront une constitution et établiront une structure provinciale.

Lors de l’atelier, l’une des questions débattues étaient de savoir s’il fallait créer des réseaux sectoriels provinciaux ou tout simplement unir tous les récupérateurs. Ils ont décidé que, l’union faisant la force, tous les récupérateurs doivent s’unir et les participants ont procédé à la nomination d’un comité de pilotage pour commencer à travailler sur la constitution.

La protection sociale est l’un des grands  problèmes que connaissent les récupérateurs  vu qu’ils n’ont ni soins de santé, ni assurance maladie, ni prévoyance vieillesse. Ils souhaitent établir une coopérative et, ce faisant, contiser conjointement à un régime de  protection sociale.

Actuellement, les récupérateurs ont tendance à dominer les organisations, mais il y a des femmes fortes et bien instruites qui se frayent un chemin aux rangs des dirigeants. L’une de ces femmes, par exemple, une ancienne infirmière, peut gagner plus d’argent en faisant la collecte des déchets. Les récupérateurs disposent de bagages, scolarité et compétences, qui devraient les aider dans la construction de l’organisation.

Comme l’observe Tuwizana : « Je peux voir qu’ils vont construire une organisation solide. Ils ont la volonté nécessaire. Ils ont seulement besoin d’un peu d’aide. »

Kally Forrest