ALLIANCE MONDIALE DES RÉCUPÉRATEURS
ALLIANCE MONDIALE DES
RÉCUPÉRATEURS
L'Alliance Mondiale des Récupérateurs de déchets est un réseau d'organisations de récupérateurs soutenu par WIEGO, dans plus de 28 pays, plus spécialement en Amérqiue Latine, en Asie et en Afrique.
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Posted by
Written by Hasiru Dala

Region

Country Inde

mars 27, 2019

Translated by Dico


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Les récupérateurs de matériaux ont écrit au commissaire municipal de Bengaluru pour lui demander que tous les centres de collecte de déchets secs, pas seulement les 33 comme c’est le cas actuellement, soient confiés aux récupérateurs de matériaux à des fins opérationnelles. En outre, ils ont demandé aux autorités municipales d’accorder aux récupérateurs de matériaux la permission de collecter les déchets secs auprès des ménages. Enfin, ils ont demandé que les paiements soient effectués à temps. Jusqu’ici, les autorités municipales ont tergiversé devant l’inclusion des récupérateurs de matériaux. Certains groupes d’intérêt souhaitent que les récupérateurs de matériaux soient exclus du système de gestion des déchets solides. Pour contrer ces groupes, les récupérateurs de matériaux ont écrit aux autorités municipales.

À
Monsieur le Commissaire
Bruhat Bengaluru Mahanagara Palike(Municipalité du Grand Bangalore)
Bengaluru

Mémorandum

Nous, les récupérateurs de matériaux, les acheteurs itinérants et les petits ferrailleurs, demandons et exigeons que nos moyens de subsistance soient protégés en nous intégrant dans le système de gestion des déchets solides de la ville.

Nous constituons une main-d’œuvre qualifiée et énumérons ci-après les raisons qui expliquent en quoi nous aidons la ville à rester propre, notamment par la récupération de ressources-déchets et la création d’une industrie de recyclage solide au Karnataka et plus particulièrement dans la ville métropolitaine de Bangalore :

1) Quand la ville avait une lacune dans le service de collecte porte-à-porte, nous avons nettoyé les points noirs, c’est-à-dire les coins qui regorgeaient d’ordures, et repris les matières recyclables rendant ainsi possible la récupération des ressources. Une étude réalisée en 2011 a montré que, chaque jour, 1 050 tonnes de déchets sont collectées, triées, agrégées et envoyées au recyclage par nos soins à Bangalore. Grâce à notre travail, nous aidons les autorités municipales à économiser 84 crores de roupies par an rien qu’en collecte et transport.

2) Nous sommes reconnaissants aux autorités municipales d’avoir reconnu notre contribution en nous délivrant une carte d’identité professionnelle.

3) Grâce à l’efficacité accrue de la collecte porte-à-porte, les déchets dans les rues ont diminué, ce qui est une bonne chose pour la ville qui, pourtant, a réduit notre accès aux déchets et détruit les moyens de subsistance traditionnels. Nous ne pouvons plus scolariser nos enfants et sommes obligés de les retirer de l’école. Nous allons avoir faim. Nous voulons faire partie du dispositif de nettoyage de la ville, et non en être complètement bannis.

4) Depuis que les récupérateurs de matériaux participent aux opérations des centres de collecte de déchets secs (CCDS) et à la collecte porte-à-porte des déchets secs, certains d’entre nous sont devenus partie intégrante du système de résolution des problèmes de déchets de la ville. Une telle initiative de la part des autorités municipales a été saluée à l’échelle nationale. Les récupérateurs de matériaux de toute l’Inde ont été inspirés par le modèle de Bangalore et ont décidé de le suivre. Alors que seulement 33 centres nous ont été confiés, ce qui est un bon pas dans la bonne direction, notre travail dans ces centres a permis d’améliorer les services de gestion des déchets, d’augmenter les niveaux de ségrégation et d’assurer que les matériaux arrivent à destination, c’est-à-dire aux unités de recyclage. De nombreux citoyens se portent garants de notre travail et veulent que les récupérateurs de matériaux soient incorporés dans tous les CCDS de la ville. Si notre rémunération n’est pas retardée de plus de 2 mois, nous pouvons nettoyer la ville et montrer qu’une ville métropolitaine peut mettre en œuvre la séparation des déchets à la source. Si tous les CCDS sont confiés aux récupérateurs de matériaux à des fins opérationnelles, cela pourrait créer plus de 2 000 nouveaux emplois, une occupation alternative à la récupération de matériaux, et relever les niveaux de ségrégation dans la ville. Nous faisons du porte-à-porte dans 33 quartiers, auprès de 4 65 000 ménages, avec 73 véhicules, et offrons des emplois à 350 personnes, y compris des emplois de trieurs, d’aides et de chauffeurs. Depuis mars 2017, nous avons collecté environ 13 460,19 tonnes de déchets secs et, de cela, nous avons envoyé des tonnes de plastiques multicouches (MLP) pour cotraitement ainsi que 1 134,67 tonnes de déchets secs non recyclables (MLP). À l’heure actuelle, notre efficacité de collecte est de 70 % et nous pouvons atteindre 100 % si nous avons l’appui du gouvernement.

5) Les règles de gestion des déchets solides (GDS) reconnaissent explicitement que les récupérateurs de matériaux fournissent un service essentiel. En effet, la règle 11(1)(c) appelle expressément à la reconnaissance explicite du rôle primordial que jouent les récupérateurs de matériaux dans la réduction des déchets en Inde. De plus, la règle 15 oblige les collectivités locales à établir des directives générales et à mettre en place un système facilitant l’intégration des récupérateurs de matériaux dans le système de gestion des déchets. Dans les sections traitant de la responsabilité des producteurs de déchets, il leur est demandé de donner les matières recyclables aux récupérateurs inscrits. La même prescription est énoncée dans les Règles de gestion des déchets plastiques. Ces dispositions, en mettant en pratique le cadre théorique des règles, constituent une reconnaissance valorisante du travail entrepris à Bengaluru.

6) L’intégration des récupérateurs de matériaux dans la gestion des déchets solides n’accroît pas seulement l’efficacité du système, elle répond aux objectifs de justice sociale et de réduction de la pauvreté. Ce sont tous là les domaines de responsabilité qui, dans la Constitution de l’Inde, relèvent de la compétence des collectivités locales urbaines. L’ordonnance rendue par la Haute Cour de Karnataka, le 16 décembre 2016, précise que les récupérateurs de matériaux doivent pouvoir récupérer les matières recyclables auprès des ménages.

Sur ce toile de fond, et étant donné les circonstances, nous demandons ce qui suit :

Nous, les membres de Hasiru Dala et de la CCRA (Association de recycleurs ville propre), représentant 8 000 récupérateurs de matériaux, acheteurs itinérants de matériaux et petits ferrailleurs de la ville de Bangalore, demandons ce qui suit :

  • La délivrance continue d’une carte d’identité professionnelle aux récupérateurs de matériaux conformément aux Règles de 2016 sur la gestion des déchets solides, récemment notifiées
  • La délivrance d’une carte d’identité professionnelle aux ferrailleurs et autres récupérateurs informels de matériaux
  • L’attribution de tous les centres de collecte des déchets solides (CCDS) aux récupérateurs de matériaux à des fins opérationnelles; l’autorisation à la collecte porte-à-porte des déchets secs à l’endroit de tous les CCDS exploités par des récupérateurs de matériaux
  • Le paiement en temps voulu pour le conducteur, l’assistant et l’agent d’entretien de véhicules, engagés dans la collecte porte-à-porte des déchets secs
  • La création d’un marché sûr et sécurisé pour le commerce de la ferraille
  • La mise en place d’un comité d’orientation et de suivi de la gestion efficace des déchets solides dans la ville, comme le prévoient les règles établies, ainsi que les lignes directrices de Swachh Bharat, lequel comprend les représentants de l’organisation des récupérateurs
  • La facilitation du financement du déficit de viabilité pour aider les micro-entreprises de récupérateurs de matériaux et de récupérateurs informels à développer leurs activités dans le cadre de la National Urban Livelihood Mission (NULM, Mission nationale de promotion de la vie urbaine)

Nous comptons sur votre soutien dans notre lutte et espérons que vous vous ferez le champion de notre cause au niveau municipal afin d’apporter les changements auxquels nous aspirons.

Téléphone (ligne directe) : Hasiru Dala : +917829777737

Cordialement,

Lakshmi                      Anslem            Krishan            Annamma                    Alamelu

Indira                          Ajay                Manjamma                  Mansoor          Nalini