ALLIANCE MONDIALE DES RÉCUPÉRATEURS
ALLIANCE MONDIALE DES
RÉCUPÉRATEURS
L'Alliance Mondiale des Récupérateurs de déchets est un réseau d'organisations de récupérateurs soutenu par WIEGO, dans plus de 28 pays, plus spécialement en Amérqiue Latine, en Asie et en Afrique.
Supported by Logo WIEGO

Posted by
Written by GlobalRec Ad Hoc Committee

Region ,

Country Liban

octobre 14, 2020

Translated by Dico et al.


LES RECYCLEURS DU LIBAN NE SONT PAS DU TOUT DES OBJETS JETABLES!

L’Alliance mondiale des récupérateurs de matériaux se déclare solidaire des recycleurs au Liban en ces temps difficiles.

L’explosion à Beyrouth les a exposés à des conditions de vulnérabilité, d’abandon et d’abus plus graves que celles qu’ils avaient connues depuis le début de la pandémie. C’est le cas surtout des travailleurs migrants

Nous dénonçons le refus de la multinationale RAMCO de payer les recycleurs, près de 200 personnes, demandons le rapatriement rapide de qui le souhaitent sous les auspices des ambassades du Bangladesh, d’Indonésie et d’Égypte, et plaidons en faveur d’une meilleure récupération des recycleurs infectés par la COVID-19.

Les récupérateurs de déchets et l’explosion du 4 août

Certains des décès sont des récupérateurs de déchets du Bangladesh. Leurs corps sont toujours dans les morgues des hôpitaux et leur identité est inconnue. Le reste des travailleurs doit être évacué d’urgence car les récupérateurs de déchets sont les premiers à être envoyés pour nettoyer les déchets toxiques et sont obligés de travailler dans des conditions dangereuses.

Contexte de la RAMCO et des récupérateurs de déchets migrants

Le Liban traverse une crise des déchets qui a atteint son point culminant en 2015. Les conditions de travail sont aujourd’hui un champ de mines pour les ramasseurs de déchets, aggravé par la crise économique nationale et la pandémie actuelle.

RAMCO, une société de gestion des déchets qui détient le monopole du secteur, a violemment opprimé ses travailleurs, principalement des migrants du Bangladesh, d’Égypte, d’Indonésie, de Syrie et d’Inde. Les travailleurs du Bangladesh se sont mis en grève en avril et mai derniers, réclamant le paiement de leurs salaires, de la nourriture, des jours de repos, des médicaments et d’autres droits fondamentaux pour les travailleurs, mais la compagnie a répondu par la répression, en envoyant la police anti-émeute contre eux.

Au milieu de leur protestation légale, la police est entrée dans les installations de l’entreprise et a battu les travailleurs. Les travailleurs ont aussi rapporté l’existence d’une salle de torture souterraine dans les locaux de RAMCO, où les travailleurs étaient mis à l’isolement, attachés et battus. Un travailleur a subi de graves détresses mentales et a dû être hospitalisé immédiatement, ce qui n’a pas été le cas. Les informations relatives à cet événement ont été postées par les travailleurs sur les réseaux sociaux, mais les nouvelles ont ensuite été retirées de façon suspecte des networks.

En mai dernier, RAMCO a conclu un accord avec les travailleurs, bien qu’il existe peu de rapports en anglais d’Al Jazeera et de Middle East Eye sur les termes de cet accord. La réponse du gouvernement au conflit, pour sa part, a déclaré qu’il n’y avait rien d’illégal ou de contraire aux normes et a clos l’enquête. Les récupérateurs de déchets ne sont plus payés depuis octobre 2019, sous prétexte de condamner les révoltes et les comportements de combat des travailleurs, et la crise économique actuelle. Cependant, l’accord n’a pas encore été finalisé et ne constitue qu’une victoire partielle.

Pourquoi? Parce que les contrats des travailleurs stipulent qu’ils doivent être payés en dollars. Lorsque la RAMCO a imposé son accord aux travailleurs, elle l’a fait en lires libanaises, mais la lire est actuellement dévaluée du jour au lendemain, une situation déplorable pour l’ensemble des économies nationales endettées, dépendantes des réglementations usuraires des organismes financiers mondiaux.

Le taux officiel du dollar est de 1,500 lires, alors que le taux du marché est d’environ 8, 000 lires. L’accord conclu par les travailleurs avec la RAMCO est qu’ils seront payés 1,800 lires. Cela signifie qu’ils salaire est pratiquement perdu. Toutefois, certains travailleurs sont satisfaits de ce chiffre; leur préoccupation actuelle est que s’ils protestent à nouveau, RAMCO révoquera cet accord.

Certains articles de presse de juillet dernier affirment que RAMCO a annoncé un appel à n’engager que des travailleurs libanais dans le but de remplacer la « main-d’œuvre migrante » et d’assurer plus d’emplois aux Libanais. Cela signifie que soit les travailleurs indonésiens et égyptiens seront rapatriés (comme promis), ou qu’ils seront licenciés sans autre forme de procès.

D’autres nouvelles urgentes signalent que les travailleurs migrants de la RAMCO attendent les résultats des tests du Coronavirus. Après que 131 travailleurs migrants de la RAMCO aient été testés positifs au COVID-19 et aient été déplacés vers la zone de Quarantaine pour y être mis en quarantaine, environ 832 autres attendaient les résultats des tests. La direction a nié avoir mis les travailleurs en danger. La RAMCO n’a pas divulgué la nationalité des travailleurs infectés. Nous sommes particulièrement préoccupés par les travailleurs indonésiens car ils ont un type de visa différent (qui augmente leur vulnérabilité) et ce sont eux qui ont protesté.

ACTION: LES RECYCLEURS UNIS DANS LA RÉSISTANCE !

Ramasseurs de déchets, cartoneros, catadores, carreros, biffins, récupérateurs et canneurs, nous voulons continuer à construire notre réseau et à renforcer nos syndicats et associations dans le monde entier. Nous nous engageons à défendre notre travail au niveau mondial pour atteindre les objectifs que nous cherchons à construire dans cette organisation. C’est le cas :

  • Le droit de manifester pour de meilleures conditions de travail et de vie
  • La reconnaissance de notre travail doit inclure une compensation rémunérée
  • La rémunération versée doit, au minimum, avoir un accès égal à un salaire minimum ou à son équivalent
  • Accès à la santé, à l’éducation, à l’alimentation, au logement, à la sécurité sociale et aux loisirs pour tous les ramasseurs de déchets

PAS DE TRAVAILLEUR SANS SALAIRE, PAS DE TRAVAILLEUR SANS DROITS !

S’ILS EN TOUCHENT UN, ILS NOUS TOUCHENT TOUS !