ALLIANCE INTERNATIONALE DES RÉCUPÉRATEURS

L'Alliance Internationale des Récupérateurs est une union de organisations de récupérateurs représentant plus de 460 000 travailleurs dans 34 pays.
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Nous, les récupérateurs, sommes très divers, mais nous partageons également de nombreuses similitudes. Parmi eux, malheureusement, il y a les menaces auxquelles nous sommes confrontés dans notre travail, mais aussi les façons dont nos organisations répondent à ces menaces, a déclaré Françoise Gendron, de la coopérative Les Valoristes (Canada), en tant que modératrice de la journée.

Il a résumé les trois sessions : de la défense fondamentale des droits des récupérateurs, à l’organisation pour un travail décent et une transition juste, en passant par notre travail de plaidoyer au niveau mondial.

Session 1 : Défendre nos droits avec dignité

« Dans ce premier panel, nous explorons les menaces qui pèsent sur les droits des récupérateurs en tant que travailleurs et en tant qu’êtres humains, et comment certaines de nos organisations et alliés ont réagi pour défendre les droits des récupérateurs de déchets », a mentionné Nohra Padilla (ANR, Colombie), modératrice du panel. Voici les principaux points analysés :

  • La violence, qu’elle soit le fait du secteur privé ou de l’État, punit les récupérateurs ou les empêche de gagner leur vie. Les femmes sont souvent confrontées aux formes les plus extrêmes de violence, y compris la violence sexuelle.
  • Les incendies criminels touchent les habitations et les lieux de travail, et sont également responsables des incendies qui se déclarent naturellement dans les décharges. Ces incendies tuent des personnes et détruisent des habitations, du matériel et l’accès à des lieux de travail.
  • Restrictions croissantes de l’utilisation de l’espace public et de la violence utilisée pour déplacer les personnes, ainsi que criminalisation de la protestation.
  • Globalement, l’absence de services de base tels que la collecte des déchets accroît de manière disproportionnée l’exposition à la pollution et aux maladies, et stigmatise davantage nos communautés.
  • Tous ces défis sont aggravés par le changement climatique, qui affecte de manière disproportionnée les pauvres et, en particulier, ceux qui travaillent à l’extérieur ou sur des sites dotés d’infrastructures limitées.

Ces menaces sont enracinées dans le classisme, le racisme, le capacitisme, la xénophobie et les héritages bien ancrés du colonialisme et du patriarcat. Tous ces éléments ont entraîné une profonde stigmatisation du ramassage des déchets et des communautés dans lesquelles vivent les récupérateurs.

Modérateurs : 

Nohra Padilla (Association nationale des recycleurs de Colombie, la plus ancienne organisation d’Amérique latine) et Amira El Halabi (personnel de l’AIR, coordinatrice pour l’Afrique)

Panélistes : 

  • Sarika Vikas Karadkar (Kagad Kach Patra Kashtakari Panchayat-KKPKP, Inde), Brutalité policière, contrats de gestion des déchets et collecte des déchets dans les bidonvilles
  • Alessandro Stillo (Rete ONU, Italie), Evictions de l’espace public
  • Katie Lindsay (Portland City government, OR, USA), Plaidoyer au niveau de la ville pour des contrats qui engagent des récupérateurs aux USA
  • Alejandro Mena (ANARCH, Chili), Divine Dekonar (Kpone Landfill Récupérateus Association, Ghana), et Graciela Mora (AIR Communications), Les incendies affectent les récupérateurs dans le monde entier
  • Tania Espinosa (WIEGO), La perspective des droits de l’homme pour défendre les droits des récupérateurs
  • Nohra Padilla ANR, Colombie, Expériences de résistance aux menaces

Session 2 : S’organiser pour une transition juste

Renforcer le pouvoir des récupérateurs afin de leur assurer une transition juste, de maintenir et d’améliorer leur travail, nécessite une série de stratégies, notamment la documentation des violations des droits auxquelles ils sont confrontés et l’utilisation de données et d’autres preuves pour démontrer leurs difficultés, ainsi que la valeur et l’impact de leur travail. Mais aussi, l’organisation est souvent la réponse à long terme la plus efficace aux menaces. Les organisations ont compris l’importance d’augmenter le nombre de leurs membres, aux niveaux local, national, régional et international, afin de démontrer leur pouvoir et d’influencer les gouvernements pour qu’ils adoptent de meilleures politiques publiques.

Cependant, elles sont confrontées à un certain nombre de défis, notamment :

  • La privatisation et la concurrence croissante, y compris l’incinération et le recyclage chimique, qui compromettent l’accès aux matériaux et aux contrats et transforment l’industrie d’une manière qui les exclut.
  • La concentration croissante du capital entre les mains de quelques-uns et l’entrée des entreprises de biens de consommation à rotation rapide dans le secteur des déchets par le biais de politiques telles que la REP.
  • Des politiques d’exclusion qui ne les considèrent pas comme des parties prenantes.
  • L’inondation de notre industrie par des matériaux toxiques de mauvaise qualité qui sapent leurs revenus et leur santé.
  • Absence de protections sociales universelles
  • Absence de protection du travail pour les organisations informelles ou non traditionnelles.

Modérateurs : 

Pinakini Ben (SEWA, Inde) : Bienvenue à tous, présentation du thème de la table ronde et d’Ananda Tan (Just Transition Alliance, région Amérique du Nord).

Intervenants : 

  • Pinakini Ben, SEWA (Inde, le plus ancien syndicat de la région/du monde). Le changement de l’économie sociale et solidaire à travers les coopératives.
  • Celeste Jaqueline Infante y Paulina Margarita Gonzalez (FACCyR, Argentine), Comment est composé le salaire des récupérateurs ?
  • Johnson Doe (Green Cooperative Society of Ghana), Utilisation du calculateur d’émissions de gaz à effet de serre de WIEGO et de l’AIR et toxicité du brûlage à l’air libre.
  • Adja Mame Seyini Paye Diop (Bokk Diom, Sénégal), Syndicalisation et coopérativisme
  • Joaquin Etorena, (Argentine), OIT, Emplois verts

Session 3 : Influencer l’agenda international !

Au cours des dernières années, les efforts de plaidoyer mondial de l’AIR ont répondu aux besoins de nos affiliés. Nous nous sommes concentrés sur plusieurs domaines clés : Tout d’abord, nous nous sommes activement engagés dans les politiques de responsabilité élargie des producteurs (REP), qui ont un impact significatif sur les récupérateurs dans le monde entier. Grâce à nos efforts de plaidoyer et de renforcement des capacités, nous avons influencé la législation et sa mise en œuvre dans de nombreux pays, réorientant les discussions mondiales et nationales sur une REP efficace. La prise de position sur la REP a jeté les bases d’un engagement dans les négociations du traité sur les matières plastiques.

En outre, notre participation au traité des Nations unies sur les plastiques a joué un rôle essentiel dans la sauvegarde des moyens de subsistance des récupérateurs dans le monde entier. Nous avons obtenu des dispositions pour une transition juste et la reconnaissance du rôle des récupérateurs dans le traité, et nous façonnons l’orientation du traité. Notre rapport sur la transition juste offre des perspectives et des recommandations précieuses pour les luttes en cours. Pendant les négociations du traité sur le plastique, l’AIR a forgé des alliances solides à la fois dans le mouvement syndical, les peuples autochtones et les communautés de première ligne, en délivrant des interventions conjointes soulignant notre ferme conviction dans la solidarité de classe intersectionnelle.

En outre, nous avons participé activement à la Conférence internationale du travail de l’Organisation internationale du travail, en affinant notre position sur la transition juste. Concernant notre engagement dans les politiques de lutte contre le changement climatique, nous avons développé un calculateur de réduction des émissions de carbone pour mettre en valeur la contribution des récupérateurs.

Cependant, à mesure que notre influence mondiale s’accroît, des défis apparaissent. Nous avons observé la cooptation des voix des récupérateurs de déchets par des intérêts corporatistes et des conflits potentiels de représentation. Il est essentiel de maintenir la clarté de notre programme de plaidoyer et de ne pas s’asservir à l’agenda dicté par divers intérêts particuliers.

Modérateurs : 

Tessie Bul (Association des Récupérateurs de Lagos, Nigeria) 

Kabir Arora (Personnel de l’AIR, Coordinateur Asie-Pacifique) 

Intervenants : 

  • Carolina Urmeneta (Global Methane Hub, Directrice de l’économie circulaire pour les Amériques). L’agenda des déchets organiques et l’agenda de la réduction des émissions de méthane. 
  • Gonzalo Muñoz, Champion de l’action climatique de haut niveau Cop 25, Chili 
  • Alexandro Cardoso et María Mónica Da Silva, Unicatadores and Climate Change, avec Sonia Días, WIEGO Brasil
  • Indumathi (TSS, Inde) et Soledad Mella (ANARCH, Chili), Groupe de travail de l’AIR sur le traité sur le plastique présentant les réalisations et les défis.
  • Juan Pablo Celis, Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), secrétariat du Comité Intergouvernemental de Négociation (CIN)

Conclusion de la journée

Taylor Cass Talbott, coordinatrice du plaidoyer de l’AIR, a partagé les réflexions finales des sessions. Elle a mentionné les principaux domaines d’intérêt de l’AIR : Le calculateur GGE, le traité de l’ONU sur les plastiques, l’OIT et le changement climatique.

Faits marquants des délibérations du CNI : 

  • INC1 : les États membres de 30 pays font référence aux récupérateurs, mais la transition juste n’est pas encore sur la table.  
  • INC2 : Plus de 100 États membres expriment le besoin d’une transition juste.
  • INC3 : Proposition indépendante d’un article sur la transition juste, et mention dans d’autres sections. Les États membres ont accepté de dresser une liste des termes « récupérateurs» et « transition juste » à des fins de définition. Les récupérateurs sont mentionnés dans l’article sur la transition juste du projet de traité.
  • INC4 : Large soutien à la transition juste et aux récupérateurs de déchets, avec nos demandes répétées par les États membres.

Résultats du calculateur de gaz à effet de serre

  • 60 000 récupérateurs de l’AIR : 51 195 425 tonnes eCO2/an
  • 20 millions de récupérateurs de déchets dans le monde : 2 225 888 062 tonnes eCO2/an
  • Sur les contributions déterminées au niveau national, des 198 pays qui ont signé les Accords de Paris, les récupérateurs contribuent globalement à 4,3 % de ces objectifs d’émissions. 

Réflexions finales

Carolina Palacio, responsable du développement organisationnel de l’AIR, a fait un résumé des étapes historiques de ces dernières années qui ont permis aux voix des récupérateurs d’aller très loin dans l’agenda public. Elle a terminé en remerciant chaleureusement tout le personnel de l’alliance qui a permis au congrès d’être un succès.

Au nom de Marty Chen, de WIEGO, Sofía Treviño a félicité l’Alliance pour le Congrès et la transmission en direct de la session finale.

Severino Francisco de Lima Junior, Président de l’AIR, a clôturé le congrès en exprimant sa profonde gratitude à Lucía Fernández, Secrétaire générale, aux invités et au personnel technique. Il a fait part de son intention de continuer à travailler sur les négociations du traité sur les plastiques, la REP et les droits des travailleurs. Il a félicité les délégués et leurs organisations pour le processus démocratique, ainsi que ses collègues dirigeants.

Sushila Sable, vice-présidente de l’AIR, a chanté une chanson d’adieu, comme un appel à continuer à travailler ensemble. Sergio Sánchez, président de la FACCYR, a remercié tous les participants pour leur visite en Argentine.